Nous venons de célébrer la grande fête de Pâques, appelée souvent « solennité des solennités ». Il n’y a rien au-dessus d’elle. Nous l’avons vécue partout dans le monde dans des circonstances très difficiles, sans avoir pu nous réunir pour nous imprégner du grand mystère célébré : le Christ a vaincu la mort et, si nous mettons nos pas dans les siens, toutes les situations de mort de notre existence mènent à la vie. C’est cette vérité qui nous soutient et nous fait vivre. Nous mesurons davantage maintenant ce qui nous manque douloureusement. Le peuple de Dieu souffre de ne pouvoir s’alimenter aux sacrements. Les pasteurs souffrent de ne pouvoir réunir autour d’eux les fidèles qui se sentent malgré tout abandonnés, malgré les multiples moyens de communication.
Comment ne pas penser aussi ici à tous ceux qui sont séparés et ne peuvent se rejoindre ? aux enfants dont les parents médecins ou infirmiers luttent en première ligne contre cette terrible épidémie, aux personnes âgées cloîtrées dans leur chambre dans un home ? à ceux qui doivent vivre la séparation ultime en l’absence de leurs proches et à ces derniers éloignés de celui ou de celle qui les quitte ? et à tant d’hommes et de femmes touchés par la crise dans leur santé, leur travail, leurs projets ? Personne n’est épargné. Nous sommes tous solidaires. Il faut espérer que cette situation ne durera plus trop longtemps.
Nous avons vu la souffrance du pape François priant devant une place Saint-Pierre à Rome entièrement vide. Quel dépouillement et en même temps, quelle intensité dans sa prière et ses paroles tout au long des jours saints !

Et dans sa belle homélie du Vendredi Saint à Rome devant le pape François, le père Raniero Cantalamessa disait ceci: « Regardons celui qui a été « élevé » pour nous sur la croix. Adorons-le pour nous et pour toute l’humanité. Qui le regarde avec foi ne meurt pas. Et s’il meurt, ce sera pour entrer dans une vie éternelle. « Après trois jours, je me lèverai », avait prédit Jésus. Nous aussi, après ces jours que nous espérons courts, nous nous lèverons et sortirons des tombeaux que sont devenu nos maisons. Non pas pour revenir à l’ancienne vie comme Lazare, mais à une nouvelle vie, comme Jésus. Une vie plus fraternelle, plus humaine. Plus chrétienne !  »

Le Christ est ressuscité des morts !
Par sa mort, il a vaincu la mort.
A ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie.